Gyeongju, comment une ville entourée de tombes peut-elle être aussi mignonne ?

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Gyeongju, comment une ville entourée de tombes peut-elle être aussi mignonne ?

« J’ai l’impression d’être dans les Teletubbies. »

C’est vraiment la première chose qu’on se dit en découvrant les immenses collines parfaitement vertes qui apparaissent un peu partout dans les parcs de Gyeongju. Sauf qu’ici, sous ces bosses, il y a des tombes. Et parfois celles de rois et de reines vieux de plus de mille ans.

Gyeongju fut pendant près d’un millénaire la capitale du royaume de Silla, de 57 avant notre ère à 935. Les membres de la famille royale et de l’aristocratie étaient notamment enterrés dans de grandes sépultures recouvertes de pierres puis de terre. Certaines ont révélé des bijoux, des objets précieux et les fameuses couronnes d’or qui sont aujourd’hui devenues l’un des symboles de Silla.

Nous, on arrive en train depuis Séoul, puis on termine en bus jusqu’au centre historique. Petite bonne nouvelle pratique : notre T-money, la carte rechargeable que l’on utilisait déjà dans les bus et métros de Séoul, fonctionne aussi ici. On découvre qu’on peut en fait continuer à l’utiliser à travers la Corée, ce qui nous simplifie franchement la vie.

À l’hôtel, autre bonne surprise : après nos 11 m² de Séoul, on retrouve enfin une chambre dans laquelle on peut étaler nos affaires sans bloquer le passage. On pose les sacs et on repart presque immédiatement, parce qu’il fait déjà nuit et qu’on a surtout très faim.

C’est en allant manger que l’on traverse notre premier parc rempli de tumulus, ces grandes collines verdoyantes sous lesquelles reposent les tombes des anciens rois et reines de Silla. Et c’est probablement ce qui nous surprend le plus à Gyeongju : les tombes ne semblent jamais vraiment séparées de la ville. On passe d’une rue à un parc, d’un restaurant à un tombeau royal, et tout cela paraît complètement naturel.

Ce soir-là, Matthieu a trouvé un restaurant de dakgalbi rempli presque uniquement de locaux. Plutôt bon signe. Devant nous, on fait cuire du poulet, des légumes et des udon dans une sauce à base de gochujang directement sur une grande plaque chauffante. C’est légèrement épicé, généreux et tellement délicieux.

En sortant, on remarque des lumières dans un autre parc. On s’approche sans vraiment savoir ce qu’il se passe et on tombe complètement par hasard sur l’une des meilleures surprises de notre séjour.

Pendant quelques semaines en septembre, le festival de media art de Daereungwon transforme les tombes royales en immenses surfaces de projection. Des couronnes d’or apparaissent sur les collines, des personnages se dessinent dans l’herbe et des installations lumineuses traversent les arbres. Une partie du spectacle raconte l’histoire de Silla et l’importance de l’or dans cette civilisation.

Quelques heures plus tôt, ces collines nous faisaient penser aux Teletubbies. Maintenant, on regarde plus de mille ans d’histoire projetés directement dessus.

On a surtout énormément de chance d’être là au bon moment.

On termine notre première soirée du côté de Hwangnidan-gil, avec ses maisons de style hanok transformées en cafés, restaurants et petites boutiques. On fait quelques photos dans un photomaton, on trouve quelque chose de sucré, une glace, puis on finit par rentrer.

Le lendemain, on a décidé de voir quasiment tout ce que l’on peut en une journée.

On commence par Bulguksa, à moins de quarante minutes en bus. Le temple bouddhiste est beaucoup plus grand que ce que l’on imaginait, avec plusieurs pavillons, des pagodes, des escaliers de pierre et toutes les couleurs des charpentes traditionnelles coréennes. Il y a beaucoup de monde, mais aussi suffisamment d’espace pour se balader tranquillement et prendre le temps de regarder les détails. On aime beaucoup.

Comme Seokguram se trouve juste à côté, on se dit évidemment qu’il serait dommage de ne pas faire les deux. Avec le recul, on aurait très bien pu s’en passer.

Seokguram est historiquement important : cette grotte artificielle du VIIIe siècle abrite un grand Bouddha en pierre et elle est inscrite avec Bulguksa au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais comme expérience de visite, on reste franchement sur notre faim. Il faut reprendre un bus, marcher encore un peu, puis on découvre le Bouddha derrière une vitre, sans possibilité de prendre de photos. Quelques minutes plus tard, on ressort déjà.

Si on devait recommencer avec seulement un ou deux jours à Gyeongju, ce serait donc assez simple : Bulguksa oui, Seokguram on passerait.

Et c’est justement en essayant de relier les deux que l’on découvre une autre particularité de la Corée : Google Maps est catastrophique ici. Certaines adresses sont approximatives ou n’apparaissent simplement pas, et certains chemins semblent ne même pas exister sur la carte.

Heureusement, l’un de nous avait téléchargé KakaoMap, l’application locale de navigation. En regardant dessus, on découvre qu’il existe bien un chemin permettant de relier les deux sites à pied à travers la forêt. Depuis, KakaoMap devient notre réflexe dès que l’on doit se déplacer.

De retour dans le centre, on mange dans un petit restaurant entouré de maisons de style hanok. C’est le week-end, il y a un marché dans les rues et énormément de monde, mais l’ambiance reste étonnamment agréable.

On poursuit vers Donggung Palace and Wolji Pond, ancien espace du palais royal de Silla. Quelques pavillons bordent aujourd’hui l’étang et se reflètent dans l’eau, puis on continue simplement à marcher entre les parcs, les tombes et les différents sites historiques.

Et c’est probablement ça que l’on aime le plus à Gyeongju. Tout est mélangé.

On sort d’un café, on traverse un parc rempli de tombeaux royaux, on rejoint un ancien palais et, quelques minutes plus tard, on se retrouve à nouveau devant des boutiques ou des photomatons. La ville est plate, facile à parcourir à pied et suffisamment petite pour que l’on puisse enchaîner les endroits sans avoir constamment l’impression de courir d’un site touristique à l’autre.

Après Séoul, cette coupure nous fait vraiment du bien.

On finit par rejoindre Woljeonggyo Bridge, l’une des images les plus connues de Gyeongju. Le grand pont couvert rouge et vert est vraiment impressionnant.

Mais il y a un détail que l’on ignorait avant de venir : ce que l’on regarde aujourd’hui est une reconstruction moderne d’un pont qui existait déjà à l’époque de Silla. L’ensemble actuel a été reconstruit au XXIe siècle.

Et c’est toujours un peu particulier pour nous. On peut trouver le résultat magnifique tout en ressentant forcément moins d’émotion lorsque l’on sait que le bâtiment que l’on regarde n’est pas réellement celui qui se trouvait là il y a plus de mille ans.

Cela ne nous empêche évidemment pas d’aller manger puis de revenir le voir de nuit. Illuminé et reflété dans l’eau, il est encore plus beau.

À la fin de la journée, notre téléphone affiche environ 33 000 pas.

On pourrait raisonnablement rentrer dormir. À la place, on retourne à Hwangnidan-gil essayer de gagner des peluches.

Et c’est en passant une nouvelle soirée là-bas que l’on remarque quelque chose que l’on aime vraiment en Corée. Il y a des machines à pinces partout, des photomatons, des cafés, des salons de thé, des glaces, des desserts, des boutiques et même des voyantes. Mais finalement assez peu de bars.

Des couples et des groupes d’amis passent simplement leur soirée à jouer, faire des photos, boire quelque chose ou essayer de repartir avec une peluche. C’est très différent de beaucoup de villes occidentales que l’on connaît, où une rue animée le soir tourne souvent beaucoup plus autour des bars et de l’alcool. Ici, c’est vivant, mais aussi très bon enfant.

Et c’est probablement là que le côté « cute » de Gyeongju nous frappe le plus. Entre les petites maisons, les cafés, les photomatons, les peluches et toutes ces grandes collines vertes qui surgissent au milieu de la ville, tout semble presque trop mignon pour une ancienne capitale remplie de tombes royales.

Le lendemain matin, avant de repartir, on retourne d’ailleurs voir les tumulus une dernière fois. On voulait quelques photos de jour, quand leurs formes ressortent vraiment et que, désolés pour les rois de Silla, l’impression d’être dans les Teletubbies devient encore plus forte.

Mais après un jour et demi à Gyeongju, on ne les regarde déjà plus de la même manière.

Au début, on voyait surtout de drôles de collines vertes. Puis on a vu des couronnes d’or et toute l’histoire de Silla projetées dessus. Et finalement, on s’est habitués à simplement marcher au milieu, comme le font tous les autres.

C’est sans doute ce qui nous aura le plus marqués ici : la frontière entre la ville et ses morts semble presque disparaître. Les tombeaux ne sont pas cachés à l’extérieur, loin des habitations. Ils sont là, au milieu des promenades, des cafés et de la vie quotidienne.

Alors, comment une ville entourée de tombes peut-elle être aussi mignonne ? Peut-être justement parce qu’à Gyeongju, les morts n’ont jamais figé la ville. On vit simplement autour d’eux depuis des siècles.

Cette petite parenthèse verte, facile à parcourir et complètement différente de ce que l’on imaginait nous aura fait un bien fou.

Pour préparer votre visite à Gyeongju, Corée du Sud

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Que faire à Gyeongju ?

Gyeongju se prête très bien à un mélange de visites historiques et de balades sans avoir constamment l’impression d’enchaîner les monuments. En un jour et demi, nous avons découvert Bulguksa, Seokguram, Donggung Palace and Wolji Pond, les tumulus, Woljeonggyo et Hwangnidan-gil. Ce qu’on a surtout aimé, c’est que tout se mélange : on quitte un café, on traverse des tombes royales et quelques minutes plus tard on se retrouve devant un ancien palais.

Gyeongju vaut-elle le coup pendant un voyage en Corée du Sud ?

Oui, Gyeongju nous a fait beaucoup de bien après Séoul. La ville nous a semblé verte, facile à parcourir et complètement différente de ce qu’on imaginait avant d’arriver. Ce contraste entre les tombeaux royaux, les petites maisons, les cafés, les photomatons et la vie quotidienne donne à Gyeongju une atmosphère assez particulière.

Combien de jours faut-il pour visiter Gyeongju ?

Pour nous, un jour et demi à Gyeongju a déjà très bien fonctionné, mais trois jours nous auraient permis d’ajouter ce que nous avons dû laisser de côté. Nous avons consacré une première soirée au centre, une grosse journée aux principales visites puis une dernière matinée aux tumulus. Avec une troisième journée, nous aurions fait le tour du lac que nous avions repéré, sans forcément consacrer du temps au parc d’attractions voisin.

Que peut-on voir à Gyeongju en une journée ?

On peut déjà voir énormément de choses à Gyeongju en une journée, mais la nôtre a été particulièrement chargée. Nous avons commencé par Bulguksa et Seokguram avant de revenir vers Donggung Palace and Wolji Pond, les parcs historiques et Woljeonggyo, puis nous avons terminé la soirée à Hwangnidan-gil. Notre téléphone affichait environ 33 000 pas à la fin de la journée, donc notre programme était loin d’être reposant.

Que faire à Gyeongju en trois jours ?

Avec trois jours à Gyeongju, nous aurions gardé notre programme historique puis consacré davantage de temps au lac. Nous n’avons pas eu le temps d’en faire le tour, et c’est précisément ce que nous aurions ajouté si nous étions restés une journée de plus. Il y avait aussi un parc d’attractions dans le secteur qui avait l’air sympa, mais ce n’aurait pas forcément été notre priorité.

Où dormir à Gyeongju ?

Pour notre façon de visiter Gyeongju, dormir dans le centre-ville était idéal. Nous pouvions rejoindre à pied les tumulus, Hwangnidan-gil et plusieurs des sites que nous voulions voir sans dépendre constamment des transports. Nous ne donnerions pas forcément un hôtel précis, mais nous reprendrions clairement un hébergement dans le centre.

Peut-on facilement visiter le centre de Gyeongju à pied ?

Oui, le centre de Gyeongju nous a semblé particulièrement agréable à parcourir à pied. La ville est plate et suffisamment compacte pour passer des tumulus aux cafés, aux sites historiques et à Woljeonggyo sans avoir constamment besoin d’un transport. Nous avons aussi vu qu’il était possible de louer des vélos, même si nous ne l’avons pas testé nous-mêmes.

Comment se déplacer à Gyeongju sans voiture ?

Nous nous sommes très bien débrouillés à Gyeongju avec les bus et nos jambes. En arrivant en train depuis Séoul, nous avons terminé le trajet jusqu’au centre historique en bus, puis nous avons également pris le bus pour Bulguksa. Dans le centre, nous avons surtout marché, beaucoup marché.

La carte T-money fonctionne-t-elle à Gyeongju ?

Oui, notre carte T-money a fonctionné dans les bus que nous avons utilisés à Gyeongju. Nous l’utilisions déjà à Séoul et avons été assez contents de découvrir que nous pouvions simplement continuer avec la même carte. Cela nous a évité de changer nos habitudes en arrivant dans la ville.

Bulguksa vaut-il le détour à Gyeongju ?

Oui, nous avons vraiment apprécié Bulguksa. Le temple était beaucoup plus grand que nous l’imaginions, avec plusieurs pavillons, des pagodes, des escaliers de pierre et énormément de détails dans les charpentes. Il y avait beaucoup de monde lors de notre visite, mais suffisamment d’espace pour se promener tranquillement.

Seokguram vaut-il le détour depuis Bulguksa ?

Avec peu de temps à Gyeongju, nous passerions aujourd’hui notre tour. Il faut reprendre un bus, marcher encore un peu, puis le grand Bouddha se découvre derrière une vitre et les photos ne sont pas possibles. Quelques minutes plus tard, nous étions déjà ressortis et l’expérience nous a laissés franchement sur notre faim.

Bulguksa ou Seokguram : lequel choisir si on manque de temps ?

Si nous devions n’en garder qu’un, nous retournerions à Bulguksa. Nous y avons passé un vrai moment de visite, alors que Seokguram nous a semblé très court par rapport aux efforts nécessaires pour y parvenir. Avec seulement un ou deux jours à Gyeongju, notre choix serait donc assez simple.

Faut-il utiliser Google Maps ou KakaoMap à Gyeongju ?

Dans notre expérience, KakaoMap nous a été beaucoup plus utile à Gyeongju. Google Maps nous donnait parfois des adresses approximatives et certains chemins semblaient ne pas exister, alors que KakaoMap nous a notamment permis de repérer un chemin à travers la forêt entre Bulguksa et Seokguram. Après cela, KakaoMap est rapidement devenu notre réflexe pour nous déplacer en Corée.

Faut-il voir Woljeonggyo Bridge de jour ou de nuit ?

Si on peut faire les deux, nous avons clairement préféré Woljeonggyo de nuit. Le pont est déjà impressionnant en journée, même si savoir qu’il s’agit d’une reconstruction moderne enlève pour nous un peu d’émotion historique. Illuminé et reflété dans l’eau après la tombée de la nuit, nous l’avons trouvé encore plus beau.

Que faire le soir à Gyeongju ?

Nous avons particulièrement aimé passer nos soirées autour de Daereungwon et de Hwangnidan-gil. Lors de notre séjour en septembre 2026, nous sommes tombés par hasard sur le festival de media art de Daereungwon, organisé cette année-là du 4 au 27 septembre, puis nous avons retrouvé les cafés, photomatons, desserts et machines à pinces de Hwangnidan-gil. L’ambiance était animée sans tourner principalement autour des bars et de l’alcool.

Hwangnidan-gil vaut-elle le coup le soir ?

Oui, nous y sommes retournés les deux soirs passés à Gyeongju. Entre les cafés, les petites boutiques, les photomatons, les salons de thé, les desserts et les machines à pinces, il y avait largement de quoi s’occuper sans aller boire un verre. Nous avons trouvé l’ambiance vivante mais très bon enfant.

Y a-t-il beaucoup de touristes à Gyeongju ?

Nous avons rencontré beaucoup de monde à certains endroits, sans que cela gâche notre séjour. Bulguksa était fréquenté, mais suffisamment grand pour que nous puissions nous promener tranquillement, et le week-end les rues du centre étaient également bien remplies à cause d’un marché. Malgré cela, l’ambiance nous est restée agréable et nous n’avons pas eu l’impression de passer notre journée à nous battre avec la foule.

Quand partir à Gyeongju ?

Pour un séjour très tourné vers la marche comme le nôtre, l’automne est une période intéressante, et notre passage en septembre nous a très bien convenu. L’office national du tourisme coréen recommande notamment le printemps et l’automne pour les voyages à pied, avec des températures plus modérées. Dans notre cas, septembre nous a en plus permis de tomber par hasard sur le festival de media art de Daereungwon.

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