« Hello ! »
Au petit matin, Sébastien sort doucement la tête de sous sa couverture et découvre un petit garçon qui le regarde depuis la couchette du dessus, avec un immense sourire. Voilà une façon plutôt inattendue de commencer notre première journée à Saïgon ! Le petit Quynh, âgé d’environ quatre ans, voyage avec sa maman dans notre compartiment. Depuis notre départ de Quy Nhơn, il n’arrête pas de venir nous dire « Hello ! », de nous proposer à manger et de vérifier que tout va bien. Et le plus drôle, c’est qu’à chaque fois qu’il veut nous poser une question, il demande d’abord à sa maman comment la formuler en anglais, puis se tourne vers nous pour la répéter très sérieusement. Il est absolument adorable et nous fait beaucoup rire. Après une nuit étonnamment tranquille dans ce train-couchettes, on arrive à Hô Chi Minh-Ville, l’ancienne Saïgon. Enfin, ancienne sur le papier, parce que le nom Saïgon est encore partout. Et entre nous, c’est aussi celui qu’on préfère !
On rejoint notre hôtel dans le District 1, le quartier central qu’on nous a recommandé pour découvrir la ville. On dépose nos affaires et on part immédiatement explorer les rues de Saïgon. Premier arrêt devant le célèbre Café Apartment, cet immeuble dont les anciens appartements ont été transformés en cafés, boutiques et restaurants. Sa façade, avec ses balcons et ses enseignes superposées, est devenue l’une des images les plus reconnaissables de la ville. On en profite pour faire quelques photos avant de rejoindre le marché de Bến Thành, une immense halle couverte où l’on trouve aussi bien des vêtements et des souvenirs que de la nourriture. On continue à marcher, à observer la circulation et à découvrir cette ville qui semble ne jamais vraiment ralentir.
Mais ce dont tout le monde nous avait parlé avant notre arrivée, c’était surtout la vie nocturne de Saïgon. Et il faut reconnaître qu’on n’est pas déçus. Dès notre première soirée, on découvre Bùi Viện, cette rue complètement folle où les bars, les clubs, les écrans géants et les lumières se succèdent presque sans interruption. La musique sort de partout, les danseuses se produisent devant les établissements et les passants se faufilent entre les terrasses. C’est bruyant, excessif, parfois complètement kitsch, mais franchement impressionnant. On s’installe dans un bar pour boire quelques verres et jouer au shuffleboard, ce jeu de palets qu’on avait découvert dans les pubs anglais. On passe une excellente soirée. Le lendemain, on prend notre temps avant de partir jouer au pickleball, notre nouvelle passion depuis notre arrivée au Vietnam. Après plusieurs années à jouer au tennis avec un talent assez discutable, on a trouvé un sport qui nous amuse énormément. Même si l’accueil au club n’est pas particulièrement chaleureux et que le terrain coûte assez cher, on s’éclate.




Notre premier passage à Saïgon s’achève déjà, et avec lui nos 45 jours au Vietnam. En tant que Suisses, on bénéficie d’une exemption de visa pour cette durée, et on avait donc prévu de quitter le pays avant d’y revenir quelques semaines plus tard. Mais après seulement deux jours à Saïgon, on repart avec une drôle d’impression : on connaît presque mieux ses bars que ses monuments ! Heureusement, notre retour au Vietnam est déjà prévu, et cette fois, on compte bien prendre le temps de découvrir la ville. Quelques semaines plus tard, nous revoilà donc à Saïgon, avec plusieurs jours devant nous, une liste de visites à faire et toutes les meilleures intentions du monde. Sauf qu’on arrive un samedi soir…
Et quel plaisir de retrouver la cuisine vietnamienne ! Après plusieurs semaines passées ailleurs en Asie, on réalise à quel point elle nous avait manqué. Il faut dire qu’on s’est vraiment régalés pendant nos 45 premiers jours dans le pays. Entre les soupes parfumées, les plats de nouilles, les bánh mì et toutes ces spécialités qu’on ne se lasse pas de découvrir, la nourriture vietnamienne est incroyablement bonne. Ce deuxième passage à Saïgon est donc aussi l’occasion de retrouver toutes ces saveurs, et autant dire qu’on ne se fait pas prier pour en profiter !
On commence au THi Bar – Tonight on Stage, un petit bar gay où des chanteurs se produisent sur scène. La qualité des voix nous impressionne et l’ambiance est vraiment excellente. On poursuit ensuite notre soirée dans les lumières de Bùi Viện avant de rejoindre le Frolic Station, un nouveau club gay où la musique et l’énergie du public nous donnent immédiatement envie de danser. On s’amuse tellement qu’on ne voit pas les heures passer. Il est presque trois heures du matin lorsqu’on décide enfin de rentrer. Une de ces soirées qui suffisent à nous rappeler pourquoi on aime autant découvrir la vie nocturne des grandes villes.

Les jours suivants, on décide tout de même de découvrir un peu mieux Saïgon à la lumière du jour. Entre nos séances de sport, nos cafés et quelques nouvelles parties de pickleball, on part visiter l’église rose de Tân Định, l’un des bâtiments les plus étonnants de la ville. Construite à l’époque coloniale française et inaugurée en 1876, cette église mélange des influences romanes et gothiques. Mais ce qui attire immédiatement le regard, c’est évidemment sa couleur rose bonbon, qui recouvre presque toute sa façade, ses tours et ses ornements. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, elle n’a pas toujours été rose ! C’est lors d’une rénovation en 1957 qu’elle a adopté cette couleur, devenue depuis sa véritable signature. La raison exacte de ce choix n’est pas clairement documentée, mais le résultat est pour le moins original et contraste avec les immeubles qui l’entourent. On poursuit jusqu’à la pagode de l’Empereur de Jade, un temple à l’atmosphère très différente, avec ses statues, ses encens et ses petites cours. La pluie commence à tomber, mais on continue notre programme avec la poste centrale de Saïgon, avant de rejoindre le palais de la Réunification. Ce dernier occupe une place importante dans l’histoire du Vietnam, même si, pour nous, la visite est un peu moins passionnante que prévu. On découvre surtout une succession de salles de réunion, de salons officiels et de bureaux restés dans leur décor d’époque. On comprend son importance historique, mais ce n’est pas forcément la visite qui nous aura le plus marqués.



Le lendemain, c’est carrément le déluge. À peine sortis, on se retrouve sous une pluie impressionnante et on décide de se réfugier dans un centre commercial. Après tout, autant profiter de cette météo pour faire un peu de shopping ! Heureusement, le ciel finit par se dégager et la ville change complètement de visage. On rejoint le marché aux fleurs, agréable à découvrir même s’il n’a rien de particulièrement spectaculaire, puis on repasse devant le Café Apartment pour profiter d’une autre lumière. En fin de journée, on descend jusqu’aux quais de la rivière Saïgon pour admirer le coucher du soleil et prendre quelques photos. Et comme la météo semble décidée à nous surprendre jusqu’au bout, la pluie revient en soirée. Mais cette fois, on trouve presque ça joli : les enseignes lumineuses se reflètent sur la chaussée mouillée, les éclairs illuminent le ciel et les rues prennent une atmosphère complètement différente.
Finalement, nos deux passages à Saïgon nous auront surtout laissé de très bons souvenirs de soirées. On a apprécié découvrir ses monuments, ses marchés et ses quartiers, mais ce sont les bars, la musique, les lumières et cette énergie nocturne qui nous ont le plus séduits. On y a aussi beaucoup ri, retrouvé avec plaisir la délicieuse cuisine vietnamienne, joué au pickleball plus souvent que prévu et rencontré un petit garçon adorable dans un train. Et si on devait revenir une troisième fois, on sait déjà qu’on garderait quelques soirées libres. Parce qu’à Saïgon, c’est une fois la nuit tombée qu’on s’est le plus amusés.
