Maspalomas, pourquoi on y retourne toujours ?

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Maspalomas, pourquoi on y retourne toujours ?

« Bon, ce serait pas Aperol o'clock ? »

Il est environ 15 heures et Matthieu vient de décréter que notre pause alcool est officiellement terminée. Petit détail : on est encore en pleine montée sur le chemin du retour de la plage de Güigüí, à Grande Canarie. Il nous reste quarante minutes de randonnée pour rejoindre la voiture, puis encore près d'une heure de route jusqu'à Maspalomas. Autant dire que notre Aperol Spritz va devoir patienter. Le plus drôle ? Depuis ce matin, Matthieu répétait qu'aujourd'hui, on ne boirait pas d'alcool. Visiblement, cette bonne résolution n'aura même pas tenu jusqu'à la fin de la randonnée.

C'est la cinquième fois, ou presque, qu'on revient à Maspalomas, au sud de Grande Canarie. Et franchement, s'il fallait désigner une capitale LGBT européenne, Maspalomas aurait toutes ses chances. Ici, la communauté se retrouve au soleil toute l'année, entre les plages, les hôtels gays et les soirées à Yumbo. On y croise des visiteurs venus de toute l'Europe, notamment beaucoup d'Allemands et de Britanniques, des habitués qui reviennent depuis des années et des voyageurs de passage. Ce mélange de générations, de nationalités et de façons de vivre fait justement partie de ce qu'on adore. Quelques heures de vol suffisent pour retrouver cette ambiance unique, où l'on se sent immédiatement à l'aise. À notre arrivée à l'aéroport de Grande Canarie, on récupère comme toujours une voiture de location. C'est très pratique pour explorer l'île à notre rythme, même si on ne l'utilise pas forcément tous les jours. Direction ensuite le Rainbow Golf, notre petit refuge habituel. Cet hôtel gay propose des bungalows avec kitchenette, une piscine et un environnement où les vêtements sont facultatifs. On adore cette liberté, l'ambiance détendue et la possibilité de vivre à notre rythme. Après avoir posé nos affaires, on file à Meloneras boire un café près du phare de Maspalomas, notre petit rituel à chaque séjour. Puis viennent les premières baignades et les courses indispensables : Aperol, prosecco et oranges. Notre bungalow possède une petite cuisine, alors autant en profiter pour préparer nos propres Spritz au bord de la piscine.

Mais notre véritable rendez-vous avec Maspalomas, ce sont les dunes au coucher du soleil. Dès le premier soir, on rejoint leur accès près du Riu Palace Maspalomas, cet immense hôtel qui surplombe les étendues de sable. On a tout prévu : les ingrédients pour nos Aperol Spritz, un sac réfrigéré pour garder les boissons fraîches et un endroit où s'installer face au soleil. Tout, sauf les verres. On se retrouve donc à boire nos Spritz directement dans un Tupperware, avec une vue absolument magnifique sur les dunes et l'océan. Pas très élégant, mais franchement mémorable. Les dernières lumières dorées transforment le paysage, les ombres s'allongent sur les crêtes de sable et on se demande, comme chaque année, pourquoi on n'y vient pas plus souvent. Notre conseil est simple : allez admirer les dunes dès votre premier soir. Nous, on finit toujours par regretter de ne pas avoir profité de davantage de couchers de soleil. On termine cette première journée au Yumbo Centrum, le célèbre centre commercial de Playa del Inglés, devenu l'un des principaux lieux de rendez-vous de la communauté gay, avec ses nombreux bars, restaurants et établissements nocturnes.

Les jours suivants, on retrouve rapidement nos habitudes. Un peu de sport dans une salle de gym du quartier, puis direction la plage de Maspalomas, près de notre fameux kiosque 5, où l'on adore passer nos après-midi. Pour y arriver, on traverse les dunes ou on longe la côte, avant de s'installer pour plusieurs heures de baignade, de soleil et de discussions. L'eau est agréable, l'ambiance détendue et les journées passent à une vitesse incroyable. En fin d'après-midi, on retourne parfois vers le phare de Meloneras pour prendre un verre face à l'océan, avant de rejoindre Yumbo pour dîner. On découvre notamment Allende 22º, un restaurant de Playa del Inglés dont on apprécie particulièrement les plats à base de riz. On peut choisir différentes variétés, notamment du riz noir, puis les accompagner de thon, de saumon ou de poulet. C'est exactement le genre de cuisine qu'on aime : des ingrédients simples, de bonnes associations et des assiettes vraiment savoureuses. Il faut reconnaître qu'on ne fait pas toujours nos meilleures découvertes gastronomiques à Maspalomas, mais celle-ci mérite qu'on s'y arrête.

Au milieu de cette semaine plutôt tranquille, on a tout de même prévu une journée beaucoup plus sportive : la randonnée jusqu'à Playa de Güigüí, sur la côte ouest de Grande Canarie. Depuis Tasartico, le sentier traverse un paysage volcanique spectaculaire, grimpe jusqu'à un col situé à plus de 500 mètres d'altitude, puis redescend vers l'océan. Il faut compter environ 11 kilomètres aller-retour et entre cinq et six heures de marche, sans compter le temps passé sur la plage. Ce n'est pas la randonnée la plus difficile qu'on ait faite, mais elle reste physique, notamment à cause des longues montées, du terrain caillouteux et de la chaleur. On recommande vraiment de prévoir de bonnes chaussures de randonnée, une protection solaire et surtout beaucoup d'eau, car il n'y a aucun endroit où se ravitailler sur le parcours. Mais quelle récompense à l'arrivée ! Une immense plage de sable sombre, entourée de falaises impressionnantes, avec seulement une poignée de visiteurs. Ce jour-là, on doit être huit sur toute la plage. On profite de ce décor presque sauvage, on réalise de magnifiques images au drone et on savoure le calme avant d'entamer le retour. La remontée est exigeante, surtout après plusieurs heures au soleil, mais les paysages restent spectaculaires. Et lorsque Matthieu commence à évoquer l'heure de l'apéro, on comprend que notre journée sans alcool risque finalement de ne pas se dérouler exactement comme prévu. Il nous reste encore un bon bout de chemin, mais la perspective de retrouver la piscine de notre hôtel devient une motivation supplémentaire.

De retour à Maspalomas, on reprend notre rythme préféré : salle de sport le matin, plage l'après-midi et coucher de soleil en fin de journée. On pourrait presque croire qu'on manque d'imagination, mais c'est précisément ce qu'on vient chercher ici. Ne pas devoir courir d'une visite à l'autre, pouvoir passer plusieurs heures à la mer et décider au dernier moment où sortir le soir. On profite aussi de Yumbo pour découvrir de nouveaux endroits. Cette fois, après plusieurs séjours sur l'île, on pousse enfin la porte du Tom's Cruising Bar, un établissement gay réservé aux hommes, avec ses espaces de rencontre plus intimes. On n'y était encore jamais allés et on passe une soirée plutôt amusante. C'est aussi ce qu'on apprécie à Maspalomas : même après plusieurs voyages, on trouve toujours un nouvel endroit à découvrir.

Pour notre avant-dernière journée, on décide de quitter un peu le sud de l'île et de prendre la voiture jusqu'à Agaete, sur la côte nord-ouest. On voulait depuis longtemps découvrir les piscines naturelles de Las Salinas, trois bassins creusés dans la roche volcanique et reliés entre eux, où l'eau de l'Atlantique vient se renouveler. Le cadre est très beau et la baignade change agréablement de nos journées à la plage. Mais la météo nous rappelle rapidement que Grande Canarie possède plusieurs visages. Alors que le sud bénéficie souvent d'un temps ensoleillé, le nord peut être plus nuageux. On profite de quelques éclaircies avant de voir le ciel devenir franchement gris. Un peu déçus de ne pas avoir davantage de soleil, on reprend finalement la route vers Maspalomas, où la piscine de notre hôtel nous attend.

Pour notre dernière journée complète, pas question de bouleverser nos habitudes. On retourne à la plage, on profite encore de la mer et de cette atmosphère qu'on aime tant, puis on rejoint une dernière fois les dunes pour regarder le soleil disparaître à l'horizon. C'est devenu notre manière préférée de commencer et de terminer un séjour à Maspalomas. Le lendemain matin, il faut déjà reprendre la route de l'aéroport et rentrer.

On pourrait se demander pourquoi on revient aussi souvent au même endroit, alors qu'il nous reste tant de destinations à découvrir. Mais Maspalomas a quelque chose de particulier pour nous. On y retrouve une liberté qu'on apprécie énormément, une communauté LGBT très présente, des plages magnifiques et cette possibilité de ne rien prévoir sans jamais s'ennuyer. Bien sûr, on pourrait varier davantage nos journées. Mais entre les dunes, Güigüí, les baignades, les soirées à Yumbo et nos Aperol Spritz parfois servis dans des récipients improbables, on a trouvé une formule qui nous rend heureux. Et on sait déjà qu'on aura envie d'y retourner.

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