Paris après Noël, entre spectacles et surprises

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Paris après Noël, entre spectacles et surprises

« Regarde, il fait le métronome ! »

Devant nous, un garçon prend sa douche derrière une vitre, au milieu d’un bar-club du Marais. Et visiblement, il maîtrise un mouvement assez particulier avec une partie de son anatomie. Autour de nous, les regards sont captivés par le spectacle. Nous, on essaie surtout de ne pas éclater de rire. On est au Raidd Bar, un endroit qu’on trouve à la fois complètement ridicule et absolument génial. Entre les performances sous la douche, la musique, les rencontres et les soirées qui finissent beaucoup trop tard, on ne s’y ennuie jamais. Et même si le concept nous fait toujours autant rire, on adore y revenir.

Quelques jours après Noël, on a quitté Lausanne en TGV pour passer plusieurs jours à Paris. Environ trois heures de train suffisent pour rejoindre la capitale française, et c’est justement ce qu’on adore : pouvoir s’offrir une escapade sans prendre l’avion. Cette fois, on avait surtout une excellente raison de venir : assister à La Cage aux folles, au Théâtre du Châtelet, une production dont on avait entendu énormément de bien et qu’on ne voulait absolument pas manquer. Mais on avait aussi réservé une autre expérience qui nous faisait rêver : patiner sous l’immense verrière du Grand Palais. On pose nos affaires à l’OKKO Hotels Paris Gare de l’Est, puis on repart immédiatement profiter des rues encore illuminées pour les fêtes.

Après un excellent dîner dans un petit restaurant entre notre hôtel et le Marais, on rejoint le Grand Palais des Glaces, annoncé comme la plus grande patinoire intérieure du monde, avec ses 2 700 m² de glace. Sauf qu’avant d’en profiter, il faut patienter presque deux heures dehors, dans le froid, au milieu d’une organisation franchement chaotique. On commence sérieusement à se demander si l’idée était aussi bonne qu’on l’imaginait.

Heureusement, une fois à l’intérieur, on oublie presque l’attente. Sous la gigantesque verrière du Grand Palais, les jeux de lumière transforment la patinoire en véritable piste de danse. Une tour Eiffel illuminée se dresse au milieu de la glace, la musique résonne dans tout le bâtiment et les patineurs évoluent autour des installations lumineuses. Il y a beaucoup de monde sur la glace, ce qui laisse assez peu de place pour patiner librement et nous oblige à avancer tranquillement. Mais finalement, on vient ici autant pour l’ambiance que pour le patinage. Entre les lumières, la musique et ce décor spectaculaire, on se retrouve plongés dans une expérience particulièrement immersive. On passe près de deux heures à glisser au milieu de cette atmosphère assez incroyable. Le contraste avec les deux heures passées dehors est saisissant. On ne dira pas que l’organisation était une réussite, mais l’expérience, elle, valait vraiment le déplacement. Lorsqu’on ressort, il est presque minuit, on est fatigués et frigorifiés. Pour une fois, on décide sagement de rentrer à l’hôtel.

Le lendemain, on retrouve le Marais, un quartier dont on ne se lasse jamais, avec ses petites rues, ses façades anciennes, ses boutiques et ses cafés. On en profite pour visiter le musée des Archives nationales, installé dans le magnifique hôtel de Soubise. L’entrée est gratuite et on découvre l’exposition « Faux et faussaires, du Moyen Âge à nos jours », consacrée à l’art de tromper, d’imiter et de contrefaire. Faux billets, documents falsifiés, œuvres et objets contrefaits racontent plusieurs siècles d’ingéniosité, parfois mise au service d’escroqueries particulièrement élaborées. C’est exactement le genre d’exposition qu’on n’aurait pas forcément pensé à visiter et qui se révèle passionnante. On poursuit notre promenade jusqu’à Notre-Dame, dont on admire la silhouette restaurée après l’incendie de 2019, avant de rejoindre le canal Saint-Martin, l’un de nos endroits préférés pour boire un verre en début de soirée.

C’est justement après ces premiers verres qu’on décide de retrouver le fameux Raidd Bar, dans le Marais. Ce bar-club gay est notamment connu pour ses performances sous la douche : à certains moments de la nuit, des garçons se succèdent derrière une paroi vitrée, dans des numéros plus ou moins sérieux, parfois franchement improbables. Le concept nous fait toujours autant rire, mais ce serait dommage de résumer l’endroit à sa douche. On y vient aussi pour la musique, pour danser, boire des verres et profiter de l’ambiance. Certains viennent spécialement pour les performances, d’autres simplement pour passer une bonne soirée, et c’est justement ce mélange qui nous plaît. On finit toujours par discuter avec des personnes rencontrées sur place, et cette fois ne fait pas exception. La soirée passe beaucoup trop vite et on rentre bien plus tard que prévu.

Le lendemain matin, la petite salle de sport et le sauna de notre hôtel sont particulièrement appréciés avant de repartir explorer Paris à pied. Il fait froid, mais le ciel est parfaitement dégagé, alors on décide de marcher sans itinéraire précis. On passe devant le Louvre, on traverse le jardin des Tuileries jusqu’à la place de la Concorde et on continue à profiter de cette ville dont on trouve les rues presque aussi belles que les monuments. À Paris, on pourrait facilement remplir chaque journée de musées et de visites, mais l’une de nos activités préférées reste simplement de nous promener. On finit évidemment par rejoindre la tour Eiffel, qu’on voulait absolument revoir. On s’y est pris trop tard pour réserver une montée jusqu’au sommet, mais cela ne nous empêche pas de l’admirer depuis plusieurs points de vue et de prendre beaucoup trop de photos.

En fin de journée, on change de quartier pour rejoindre Pigalle et Montmartre, où l’on découvre Patoche, une microbrasserie artisanale parfaite pour commencer la soirée autour de quelques bières. On poursuit ensuite avec d’autres verres, un dîner et, puisqu’on avait tellement ri la veille, un nouveau passage au Raidd Bar. On retrouve son ambiance de bar-club, ses performances sous la douche et cette facilité à faire des rencontres. Encore une soirée pleine de rires et de discussions, qui se termine évidemment beaucoup trop tard.

Le jour suivant commence donc assez tard. On prend le temps de bien manger et de profiter de Paris sans trop se presser, mais cette fois, on a réservé notre soirée. Direction le Théâtre du Châtelet pour découvrir La Cage aux folles, avec Laurent Lafitte dans le rôle d’Albin, alias Zaza, et Damien Bigourdan dans celui de Georges, son compagnon. C’est pour cette pièce qu’on a décidé de venir à Paris, et on attend beaucoup de cette nouvelle production mise en scène par Olivier Py. L’histoire de ce couple qui dirige un cabaret transformiste nous touche forcément, mais au-delà du sujet, on découvre un spectacle absolument remarquable. Les décors sont somptueux, les costumes extravagants, la musique entraînante et le jeu des acteurs fantastique. Laurent Lafitte est excellent, mais Damien Bigourdan nous impressionne encore davantage par sa présence et son interprétation. Et quel plaisir de découvrir cette comédie musicale dans la magnifique salle du Châtelet ! On ressort enchantés, avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de vraiment exceptionnel. Cette fois, pas de prolongation dans les bars : on rentre directement se coucher.

Pour notre dernier jour, Paris nous réserve une surprise : il neige. Voir les flocons tomber autour de Notre-Dame donne à la ville une atmosphère complètement différente, et on profite de cette dernière balade malgré le froid. On se réfugie ensuite à la Bourse de Commerce, devenue un musée d’art contemporain de la Collection Pinault. Le bâtiment vaut presque à lui seul la visite, avec sa spectaculaire coupole de verre, sa rotonde circulaire et son architecture historique magnifiquement restaurée. On découvre l’exposition « Minimal », consacrée à l’art minimaliste depuis les années 1960. Les œuvres jouent avec les formes, les matériaux, la lumière et l’espace, parfois avec une simplicité déconcertante. L’ensemble dialogue merveilleusement avec l’architecture du lieu, et on ressort enchantés, autant par l’exposition que par le bâtiment lui-même.

Quelques heures plus tard, on reprend le TGV pour Lausanne. On était venus à Paris avant tout pour La Cage aux folles, et le spectacle aura largement justifié le voyage. Mais on repart aussi avec les souvenirs d’une patinoire spectaculaire, de musées qu’on n’aurait pas forcément visités, de kilomètres de promenade, d’une ville illuminée puis enneigée et de deux soirées à rire et danser au Raidd Bar. C’est aussi pour cela qu’on aime autant Paris : on peut y revenir plusieurs fois, retrouver ses quartiers préférés et réussir malgré tout à vivre quelque chose de complètement nouveau. Et finalement, entre les planches du Théâtre du Châtelet et les douches du Raidd Bar, ce séjour nous aura rappelé que Paris sait vraiment offrir des spectacles pour tous les goûts.

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