Da Nang Vice ou Danangrad ?

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Da Nang Vice ou Danangrad ?

« Mais c’est pas possible, elle prend tout… »

Matthieu regarde le buffet. Puis la table à côté.

« Non seulement elle te passe devant, mais en plus elle prend tous les fruits du dragon. »

C’est notre dernier petit-déjeuner après six nuits à Da Nang. Devant nous, une jeune touriste russe accompagnée de sa mère enchaîne les allers-retours au buffet. Elle remplit de grandes assiettes, revient, repart, en remplit d’autres. Leur table disparaît progressivement sous la nourriture. Puis on comprend qu’une partie finit directement dans son sac pour la journée.

La scène nous interpelle plus qu’elle ne nous surprend vraiment. Cela fait déjà quelques jours que l’on côtoie énormément de touristes russophones à Da Nang et que l’on découvre certaines habitudes, certaines façons de faire, certains codes qui ne sont pas les nôtres. Au début, ça déstabilise. Puis on s’habitue. Une petite surprise culturelle parmi d’autres depuis notre arrivée ici.

Parce qu’à Da Nang, on entend énormément parler russe. Au petit-déjeuner, dans les restaurants, dans la rue. Certains commerces affichent même leurs informations en cyrillique. Et pourtant, quand on regarde dehors, ce n’est pas la Russie qui nous vient à l’esprit. Ce sont les grandes tours, l’immense plage et cette longue côte urbaine qui nous rappellent plutôt Miami.

Bienvenue à Da Nang.

Ou à Miami.

Ou à Moscou (ou Sotchi, pour son côté balnéaire).

Après six nuits ici, on n’a toujours pas complètement tranché.

Quelques jours plus tôt, lorsqu’on découvre la ville, le contraste avec le nord du Vietnam est immédiat. Après Hanoi, les montagnes de Ha Giang, Sapa et les étapes plus rurales, on retrouve une véritable métropole. Da Nang s’étire le long de la mer, avec ses hôtels et ses immeubles modernes derrière une immense bande de sable. La plage est propre, la mer chaude et agréable. Et la ville semble aimer faire les choses de manière démesurée.

Le meilleur exemple traverse carrément la rivière Han : un pont dont la structure dessine un immense dragon. Le soir, à 21 heures, la circulation s’arrête et la tête du dragon crache plusieurs fois du feu avant d’envoyer de puissants jets d’eau. On le regarde une première fois de loin, puis une autre quasiment au pied du dragon, entourés d’une foule immense venue assister à quelques minutes de spectacle. C’est court, excessif et complètement assumé. Et on adore surtout l’idée qu’un jour, quelqu’un ait proposé : « Et si notre pont crachait du feu ? » Et que tout le monde ait répondu oui.

Mais pour voir l’un des visages les plus étonnants de Da Nang, il faut mettre le réveil beaucoup plus tôt. Ce matin-là, il sonne à 4h30. À 5h15, on est déjà sur la plage pour assister au lever du soleil, en s’attendant à trouver quelques courageux. Elle est pourtant déjà pleine. Des dizaines et des dizaines de personnes sont dans l’eau, d’autres marchent sur le sable ou attendent le soleil face à la mer. La ville semble presque plus réveillée à l’aube qu’en pleine journée.

Puisqu’on est déjà debout, on enfourche notre scooter vers la péninsule de Sơn Trà avec une autre idée : trouver les fameux red-shanked douc langurs, ces singes extrêmement rares que l’on peut encore observer dans cette partie du Vietnam.

Notre plan est simple : Matthieu a repéré plusieurs endroits où les langurs sont régulièrement observés et nous partons explorer ces zones par nous-mêmes. Une fois sur place, on remarque aussi plusieurs guides accompagnés de touristes. On se dit alors que les endroits où ils s'arrêtent doivent probablement être de bons points d'observation. Autant profiter de leur expérience à distance.

Malheureusement, notre plan prend rapidement du plomb dans l’aile. On nous interdit de continuer en scooter. Les guides poursuivent leur route avec leurs véhicules tandis que nous devons continuer à pied. Notre sortie matinale pour chercher des singes se transforme soudain en randonnée pour laquelle on n’est absolument pas équipés.

On finit par abandonner.

Et c’est précisément en repartant que tout bascule.

Près d’une séance photo de mariage, évidemment, quel meilleur endroit qu’une route au milieu de la forêt pour faire ses photos de mariage, un immense langur surgit soudain dans les arbres et traverse au-dessus de la route en sautant de branche en branche. Photographes, mariés, tout le monde lève les yeux. On le voit à peine quelques secondes, mais suffisamment pour comprendre dans quelle direction il descend.

On récupère le scooter et rejoint un endroit où, plus tôt, on avait aperçu un guide s’arrêter avec ses clients.

Et là, enfin, on les trouve.

Quelques adultes accompagnés de deux bébés évoluent dans les arbres juste devant nous. Pendant dix à quinze minutes, on reste à les regarder, les filmer et observer leurs mouvements. À un moment, on a même l’impression que l’un d’eux nous fait signe.

On était partis persuadés d’avoir complètement raté notre plan. Finalement, c’est précisément au moment où on l’abandonne que la matinée devient magique.

Da Nang sait aussi complètement basculer dans l’artificiel. Une journée à Bà Nà Hills suffit pour le comprendre. On quitte la chaleur de la côte en téléphérique et on monte sur la montagne jusqu’à un gigantesque complexe qui assume pleinement son fantasme d’Europe.

Le Golden Bridge déroule sa passerelle entre deux mains de pierre géantes. Puis arrivent les façades européennes, les châteaux, le French Cancan, les décors bavarois, les bières et toute une version très vietnamienne de l’Europe.

On ne sait plus très bien si on est en France, en Allemagne ou dans un parc d’attractions qui aurait décidé de réunir tout ça au même endroit.

Est-ce authentique ? Absolument pas.

Est-ce que ça nous fait marrer ? Beaucoup.

Les Marble Mountains offrent un autre contraste. À quelques kilomètres du centre, plusieurs masses calcaires émergent presque brutalement du paysage urbain. Sur la principale, des escaliers de pierre relient pagodes, points de vue et cavités naturelles. On entre dans des grottes où des autels et des statues ont été installés directement sous la roche, parfois éclairés par des ouvertures très haut au-dessus de nos têtes.

Après les dimensions complètement folles de Paradise Cave à Phong Nha et certains temples plus anciens visités ailleurs, l’effet de surprise est forcément moins fort. Mais le mélange entre roche, spiritualité et architecture reste suffisamment singulier pour que la balade vaille le détour.

Et puis il y a tout ce qu’on n’avait absolument pas prévu. Comme le pickleball.

On découvre ce sport un peu par hasard pendant notre séjour. Une raquette, une balle perforée, un filet bas et des règles qui rappellent à la fois le tennis, le badminton et le ping-pong.

On accroche immédiatement.

Depuis, dès qu’on en a l’occasion, on n’hésite pas à y retourner.

Entre deux parties, Da Nang retrouve son rythme balnéaire : plage, mer, karting électrique, quelques sorties, la rue des bières et même le petit Q Bar, où l’on découvre une adresse LGBT plutôt sympa.

Rien ne semble vraiment appartenir au même univers, et c’est justement ce qui commence à nous plaire.

Alors, Da Nang Vice ou Danangrad ?

Un peu des deux, et finalement ni l’un ni l’autre.

Da Nang est probablement l’endroit du Vietnam où l’on a le plus souvent eu l’impression de changer de décor sans changer de ville. À 5h15, on se retrouve sur une plage déjà animée par une foule de Vietnamiens venus profiter du lever du soleil. Quelques heures plus tard, on cherche l’un des primates les plus rares de la région dans les arbres de Sơn Trà. Le soir, un dragon crache du feu au-dessus d’une rivière. Le lendemain, on traverse un faux village français au sommet d’une montagne avant de revenir sur une plage qui pourrait presque appartenir à Miami.

Et au petit-déjeuner, autour de nous, on parle russe.

Da Nang ne ressemble pas vraiment au Vietnam que l’on avait découvert jusque-là. C’est précisément pour ça qu’on est contents d’y être restés six nuits. Même si, jusqu’au dernier petit-déjeuner, la ville aura continué à nous offrir ses petites surprises culturelles.

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Observer les doucs sur la péninsule de Sơn Trà

La péninsule de Sơn Trà, à quelques kilomètres du centre de Da Nang, abrite l'un des singes les plus rares du monde : le douc à pattes rouges. Reconnaissable à son visage orangé et à son pelage multicolore, cette espèce menacée trouve ici l'un de ses derniers refuges importants. Ces singes vivent dans les arbres et ne sont pas toujours faciles à repérer.

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Admirer le lever du soleil sur la plage de Da Nang

À Da Nang, le lever du soleil sur la plage est bien plus qu'un joli paysage : c'est un véritable rituel pour les habitants. Dès les premières lueurs du jour, la plage s'anime et devient un lieu de rendez-vous pour les locaux, bien loin de l'ambiance touristique qu'on y retrouve en journée. Un moment assez particulier à découvrir si tu es de passage dans la ville !

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Spectacle du Dragon Bridge à Da Nang

Le Dragon Bridge (Cầu Rồng) est l’un des symboles de Da Nang, au Vietnam. Ce pont de 666 mètres, qui traverse la rivière Han, a la particularité d’être surmonté d’un immense dragon doré. Chaque vendredi, samedi et dimanche à 21h, il s’anime pour un spectacle gratuit durant lequel le dragon crache de véritables flammes, puis de l’eau. Le show est assez court, moins de dix minutes.

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Pont du Dragon (Cầu Rồng), Da Nang, Vietnam
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Pour préparer votre visite à Da Nang, Vietnam

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Da Nang vaut-elle le coup ?

Oui, Da Nang vaut clairement le coup pour nous, au point qu’on est contents d’y être restés six nuits. Après Hanoi, Ha Giang, Sapa et plusieurs étapes plus rurales, le contraste est énorme : tours modernes, immense plage, grandes avenues et ambiance de station balnéaire. Au début, la ville nous a un peu déstabilisés, puis c’est justement son côté complètement hybride qui a fini par nous plaire.

Que faire à Da Nang ?

À Da Nang, on peut très facilement passer d’un univers à l’autre dans la même journée. On s’est levés pour voir le soleil sur la plage, on a cherché les langurs dans la forêt de Sơn Trà, exploré les Marble Mountains, passé une journée à Bà Nà Hills, regardé le Dragon Bridge cracher du feu et même découvert le pickleball. C’est cette variété qui nous a donné envie de rester six nuits.

Combien de jours faut-il pour visiter Da Nang ?

Pour nous, six nuits à Da Nang n’étaient pas de trop. Cela nous a permis de profiter de la plage sans renoncer aux excursions vers Sơn Trà, Bà Nà Hills ou les Marble Mountains, tout en gardant du temps pour faire du sport et simplement vivre la ville. On est finalement contents de ne pas avoir traité Da Nang comme une simple étape entre deux destinations.

Da Nang est-elle très touristique ?

Oui, Da Nang est clairement une grande destination touristique, mais pas forcément avec le même public que dans d’autres étapes de notre voyage. Ce qui nous a le plus frappés, c’est la présence très importante de touristes russophones : on entendait beaucoup parler russe dans les restaurants, au petit-déjeuner et dans la rue, et certains commerces affichaient même des informations en cyrillique. Ce décalage faisait partie des petites surprises culturelles de notre séjour.

La plage de Da Nang vaut-elle le coup ?

Oui, on a trouvé la plage de Da Nang propre, immense, avec une mer chaude et agréable. Ce qui nous a surtout surpris, c’est son rythme : en arrivant à 5h15 pour le lever du soleil, on imaginait être presque seuls et la plage était déjà remplie de Vietnamiens qui nageaient, marchaient ou attendaient le soleil. À cette heure-là, la ville semblait presque plus réveillée qu’en pleine journée.

Le Dragon Bridge de Da Nang vaut-il le coup ?

Oui, parce que le Dragon Bridge résume assez bien le côté excessif de Da Nang qu’on a fini par adorer. On a vu le spectacle une première fois de loin, puis une deuxième presque au pied du dragon, au milieu d’une foule immense, pendant que sa tête crachait du feu puis de puissants jets d’eau. C’est court, complètement démesuré et on trouve assez géniale l’idée qu’un pont puisse faire ça.

Peut-on voir les langurs de Sơn Trà sans guide ?

Oui, nous avons réussi à voir les langurs de Sơn Trà sans guide, même si on a bien cru que notre plan allait complètement échouer. Après avoir dû abandonner une partie de notre itinéraire, on a aperçu un premier langur par hasard, puis retrouvé quelques adultes accompagnés de deux bébés dans les arbres. On est restés environ 10 à 15 minutes à les observer, et ce moment est devenu l’un des plus beaux imprévus de Da Nang.

Bà Nà Hills et le Golden Bridge valent-ils le coup ?

Oui, à condition de ne pas aller à Bà Nà Hills en cherchant une expérience authentique du Vietnam. Entre le Golden Bridge, les mains géantes, les façades européennes, les châteaux, le French Cancan et les décors bavarois, on avait parfois l’impression d’être dans un parc d’attractions qui aurait mélangé plusieurs pays européens. C’est totalement artificiel et c’est justement pour ça qu’on s’est beaucoup amusés.

Les Marble Mountains de Da Nang valent-elles le coup ?

Oui, même si ce n’est pas l’endroit qui nous a le plus impressionnés au Vietnam. Après les grottes gigantesques de Phong Nha et d’autres temples visités auparavant, l’effet de surprise était forcément moins fort, mais on a aimé les escaliers, les pagodes et surtout les cavités naturelles abritant directement autels et statues. Le mélange entre roche, spiritualité et architecture rend quand même la balade très particulière.

Que faire le soir à Da Nang ?

Le soir à Da Nang, on a surtout alterné entre le Dragon Bridge, quelques sorties, la rue des bières et le Q Bar. La ville prend alors encore une autre personnalité, très différente de la plage du matin ou de la forêt de Sơn Trà. C’est aussi ce mélange un peu improbable entre station balnéaire, grande ville et attractions démesurées qui nous a plu.

Comment est Da Nang pour un couple gay ?

Dans notre expérience de couple à Da Nang, nous avons passé six nuits sur place sans rencontrer de problème particulier lié au fait d’être deux hommes. On a également découvert le Q Bar, une petite adresse LGBT qu’on a trouvée plutôt sympa. Notre expérience reste personnelle : un endroit où nous n’avons rencontré aucun problème peut aussi compter des personnes moins ouvertes, comme une destination plus conservatrice peut réserver de très belles rencontres. On préfère donc regarder le contexte, les gens autour de nous et notre propre ressenti plutôt que de classer une ville entière comme « safe » ou « unsafe ».

Y a-t-il un bar LGBT à Da Nang ?

Oui, pendant notre séjour on est allés au Q Bar, une petite adresse LGBT de Da Nang qu’on a trouvée plutôt sympa. Ce n’était pas la raison de notre venue dans la ville, mais ça faisait partie de ces endroits découverts entre la plage, le sport et nos autres sorties. Dans notre expérience, c’était une option agréable pour boire un verre le soir.

Da Nang ressemble-t-elle au reste du Vietnam ?

Pas vraiment au Vietnam qu’on venait de traverser, et c’est précisément ce qui nous a intéressés. Après Hanoi, Ha Giang, Sapa et des paysages beaucoup plus ruraux, Da Nang nous a donné l’impression d’arriver dans une grande métropole balnéaire avec ses tours, ses larges avenues et son immense plage. À certains moments, elle nous évoquait davantage Miami ou une station balnéaire très internationale que les étapes précédentes de notre voyage.

Est-ce facile de passer plusieurs jours à Da Nang sans s’ennuyer ?

Oui, six nuits sont passées très facilement pour nous parce que Da Nang change constamment de décor. Un matin, on était sur la plage à 5h15 ; quelques heures plus tard dans la forêt à chercher des singes ; un autre jour dans un faux village européen au sommet d’une montagne ; et le soir devant un dragon qui crache du feu. Rien ne semble vraiment appartenir au même univers, et c’est exactement ce qui nous a plu.

Quand partir à Da Nang ?

Pour profiter de la plage et des activités extérieures, la période de mars à août est particulièrement intéressante : l’office du tourisme de Da Nang indique qu’elle correspond globalement à la saison sèche. Nous y étions en août et, dans notre expérience, la météo était parfaite. On a pu profiter de la mer, du lever du soleil, de Sơn Trà, des Marble Mountains et de Bà Nà Hills sans que la météo ne vienne bouleverser notre programme.

Retrouvez notre expérience dans l’article.

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