À Quy Nhơn, et si l’attraction touristique, c’était nous ?

🇻🇳 Quy Nhon, Viêt Nam

À Quy Nhơn, et si l’attraction touristique, c’était nous ?

« Hello! »

On se retourne. Un enfant nous regarde depuis sa minuscule moto.

« Xin chào! »

Son visage s’illumine et il accélère pour nous rattraper. Deux autres le suivent, puis un autre. Nous aussi, on est sur des motos, à un détail près : elles sont prévues pour des enfants.

On tourne sur l’immense place Nguyễn Tất Thành, face à la mer. Au-dessus de nous se dresse un monument de plus de quinze mètres représentant Nguyễn Tất Thành, le futur Hô Chi Minh, aux côtés de son père Nguyễn Sinh Sắc. Les drapeaux vietnamiens ajoutent encore un peu de solennité au décor. Et juste devant, des dizaines d’enfants tournent sur des mini-motos et des petites voitures électriques. Nous avec. Le contraste est assez génial.

Pour 40 000 dongs (environ 1,30 CHF), on se retrouve donc au guidon de deux engins beaucoup trop petits pour nous, poursuivis par une petite troupe qui nous crie « Hello! ». On répond « Xin chào! » et, chaque fois, ça semble les rendre encore plus heureux. On n’est pas les seuls adultes à participer, mais clairement pas la majorité. À la base, on était simplement sortis chercher une glace. On vient peut-être de trouver notre activité préférée de Quy Nhơn.

Et en y repensant, toutes ces petites interactions n’avaient pas vraiment commencé sur cette place. Quelques heures plus tôt déjà, dans un supermarché tout ce qu’il y a de plus banal, on avait eu droit aux mêmes regards curieux et aux mêmes sourires.

On venait à peine d’arriver à l’hôtel. On pose nos sacs dans une chambre très confortable, on découvre la piscine sur le toit et, en regardant par la fenêtre, on aperçoit un GO! à une dizaine de minutes à pied. Après plus d’un mois au Vietnam, on a un peu honte de l’avouer, mais retrouver un grand supermarché nous enthousiasme presque autant qu’une attraction touristique. On veut quelques fruits et quelques boissons, alors on ressort presque immédiatement.

À l’intérieur, on remarque rapidement que quelque chose est différent. Les gens nous regardent beaucoup. Certains se retournent dans les rayons, d’autres semblent nous suivre quelques mètres. Puis quelqu’un s’approche de Matthieu et, dans un anglais assez hésitant, lui lance avec un immense sourire :

« You are handsome. You are so handsome. You are so handsome. »

Un enfant vient simplement serrer la main de Sébastien. D’autres nous observent avec de grands yeux. On ne sait plus très bien si l’on est venus acheter des fruits ou si l’on vient d’intégrer une émission de télé-réalité vietnamienne dont personne ne nous a prévenus.

Quy Nhơn est pourtant une vraie destination balnéaire, avec une longue plage directement en ville et des kilomètres de côte autour. Mais contrairement à beaucoup d’étapes de notre voyage, elle attire surtout des visiteurs vietnamiens et beaucoup moins de touristes internationaux. Tout à coup, les regards du supermarché commencent à avoir un peu plus de sens.

Le soir même, on part découvrir le quartier. C’est samedi, les rues sont animées malgré le ciel gris et notre hôtel se trouve à peine à dix minutes à pied du centre. On longe la mer sans véritable programme et c’est en allant chercher cette fameuse glace que l’on tombe sur la grande place et ses mini-motos. On s’amuse tellement qu’on sait déjà qu’on recommencera si l’occasion se présente.

C’est probablement une bonne chose, parce que la raison principale de notre venue à Quy Nhơn va, elle, complètement nous échapper : la plage.

Pendant quatre jours, le ciel reste désespérément gris. Il pleut régulièrement, il y a du vent et notre tentative de découvrir les plages autour de la ville en scooter tourne court. À peine arrivés près de la côte, la pluie commence. On pousse quand même jusqu’à un petit village de pêcheurs, mais le temps continue de se dégrader. Cette fois, inutile d’insister : on rentre.

À défaut de vivre Quy Nhơn comme la station balnéaire que l’on imaginait, on commence alors simplement à profiter de la ville. Notre hôtel est fantastique, avec une piscine sur le toit dans laquelle on se baigne même sous les nuages et un petit déjeuner gargantuesque. On trouve une salle de sport, on joue au pickleball, on mange bien et on marche beaucoup. Et finalement, ce sont toutes ces sorties ordinaires qui deviennent les plus intéressantes.

Au restaurant, un petit rituel finit même par s’installer. Dès qu’on s’assoit, on sort presque automatiquement notre téléphone. En face, le serveur ou la serveuse comprend immédiatement ce qui l’attend et sort le sien. Parfois, on les voit pouffer de rire en nous voyant arriver. D’autres fois, quelqu’un part chercher la personne du restaurant qui parle le mieux anglais. Quelques secondes plus tard, tout le monde se retrouve autour d’un écran à communiquer par traducteurs interposés, avec beaucoup de gestes et quelques tentatives de prononciation. C’est parfois laborieux, souvent très drôle et toujours fait avec une gentillesse désarmante.

La même chose se produit dans la rue. Des gens nous lancent « Hello! » depuis leur scooter, des enfants nous suivent du regard et certains viennent spontanément vers nous. D’autres se contentent de nous fixer avec une telle insistance que ça finit surtout par nous faire rire. Et lorsqu’on répond « Xin chào », les visages s’illuminent presque systématiquement.

Petit à petit, on réalise quelque chose d’assez amusant : on était venus à Quy Nhơn en touristes, mais ici, on a parfois l’impression que ce sont les gens qui viennent nous voir.

Le dernier soir, on retourne sur la grande place. Certaines soirées, on y loue des rollers. Ce soir-là, les petites motos sont de nouveau là et il ne nous faut pas longtemps pour en reprendre deux. Quelques minutes plus tard, nous voilà encore une fois au milieu des enfants, beaucoup trop grands pour nos motos, à échanger des « Hello! » et des « Xin chào! » avec derrière nous les drapeaux vietnamiens et l’immense monument de Nguyễn Tất Thành et de son père.

On quitte donc Quy Nhơn après quatre nuits avec un bilan assez improbable : presque pas de soleil, une tentative ratée de découvrir ses plages et finalement très peu de choses que l’on pourrait cocher sur une liste de « choses à faire ».

Et pourtant, on a adoré cette ville.

Parce qu’à Quy Nhơn, les meilleurs souvenirs ne sont finalement pas venus de ce que l’on était partis voir, mais de toutes les petites rencontres provoquées simplement parce qu’on était là.

On reviendra pour les plages, en espérant cette fois qu’il fasse beau. Mais aussi parce qu’on aimerait beaucoup savoir si, la prochaine fois, l’attraction touristique, ce sera encore nous.

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Nos questions-réponses

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Quy Nhơn vaut-elle le coup ?

Oui, Quy Nhơn vaut clairement le détour pour nous, même si notre séjour ne s’est absolument pas passé comme prévu. En quatre nuits, on a eu presque constamment un ciel gris, de la pluie et du vent, au point de pratiquement renoncer aux plages qui étaient pourtant la raison principale de notre venue. Et malgré ça, on a adoré Quy Nhơn grâce à son ambiance et surtout aux petites rencontres du quotidien.

Que faire à Quy Nhơn ?

À Quy Nhơn, ce qu’on a préféré n’était finalement pas une grande attraction touristique. On a marché le long de la mer, joué au pickleball, trouvé une salle de sport, profité de la piscine et surtout passé beaucoup de temps à vivre la ville. Le soir, les mini-motos de la place Nguyễn Tất Thành ont même fini par devenir l’un de nos meilleurs souvenirs du séjour.

Combien de jours faut-il pour visiter Quy Nhơn ?

Nous sommes restés quatre nuits à Quy Nhơn et on ne s’est pas ennuyés, même avec une météo franchement mauvaise. On aurait aimé avoir davantage de soleil pour explorer les plages et les environs, donc avec de meilleures conditions on aurait facilement rempli ces quatre jours autrement. Pour nous, ce n’était en tout cas pas une étape à expédier en une nuit.

Quy Nhơn est-elle très touristique ?

Quy Nhơn nous a semblé beaucoup moins tournée vers les touristes internationaux que plusieurs autres étapes de notre voyage au Vietnam. On y croisait surtout des visiteurs vietnamiens, et notre présence provoquait parfois énormément de curiosité. Dans un simple supermarché, des gens se retournaient sur notre passage et un enfant est même venu nous serrer la main.

Peut-on profiter de Quy Nhơn sans aller à la plage ?

Oui, puisque c’est exactement ce qui nous est arrivé. On était venus principalement à Quy Nhơn pour la côte, mais la pluie et le vent nous ont obligés à revoir presque tout notre programme. Et pourtant, entre les promenades, les restaurants, le sport et toutes les petites interactions avec les habitants, on est repartis avec une très bonne impression de la ville.

Quand partir à Quy Nhơn ?

La période de juin à août est généralement présentée comme l’une des plus favorables pour Quy Nhơn, mais notre expérience rappelle qu’il n’y a évidemment aucune garantie. Nous y étions à la fin août 2026 et, pendant quatre jours, on a eu un ciel gris, de la pluie régulière et du vent. On était venus essentiellement pour les plages et on a pratiquement dû y renoncer.

Est-il facile de communiquer en anglais à Quy Nhơn ?

Dans notre expérience, on arrivait toujours à communiquer, même lorsque l’anglais ne suffisait pas. Au restaurant, on sortait régulièrement notre téléphone pour utiliser un traducteur et les serveurs faisaient souvent la même chose. Parfois quelqu’un allait chercher la personne qui parlait le mieux anglais, et ces échanges un peu improvisés ont participé au charme du séjour.

Comment sont les habitants de Quy Nhơn avec les touristes étrangers ?

Dans notre expérience, les gens ont été ultra gentils avec nous à Quy Nhơn. On recevait beaucoup de sourires et de « Hello! », des enfants venaient spontanément vers nous et plusieurs personnes cherchaient vraiment à communiquer malgré la barrière de la langue. Répondre « Xin chào » déclenchait souvent immédiatement de grands sourires.

Comment est Quy Nhơn pour un couple gay ?

Dans notre expérience de couple à Quy Nhơn, nous n’avons rencontré aucun problème et les personnes avec lesquelles nous avons échangé ont été très gentilles avec nous. On a surtout ressenti beaucoup de curiosité et de bienveillance pendant nos quatre jours sur place. Notre expérience reste personnelle : un endroit où nous avons rencontré des gens ouverts peut aussi compter des personnes moins accueillantes, comme l’inverse peut être vrai ailleurs. On regarde donc toujours le contexte, les personnes autour de nous et notre propre ressenti plutôt que d’étiqueter une destination entière comme « safe » ou « unsafe ».

Que faire le soir à Quy Nhơn ?

Notre meilleur souvenir du soir à Quy Nhơn reste la grande place Nguyễn Tất Thành, face à la mer. On y a découvert des dizaines d’enfants sur des mini-motos et petites voitures électriques, et on a évidemment fini par louer deux mini-motos beaucoup trop petites pour nous. On y est même retournés notre dernier soir tellement cette ambiance nous avait fait rire.

Combien coûtent les mini-motos sur la place Nguyễn Tất Thành ?

On a payé 40 000 dongs, soit environ 1,30 CHF au moment de notre séjour, pour louer une mini-moto sur la place Nguyễn Tất Thành. Elles étaient évidemment beaucoup trop petites pour nous, ce qui rendait la scène encore plus ridicule. On pensait essayer quelques minutes et on a tellement aimé qu’on est revenus une deuxième fois.

Peut-on découvrir les environs de Quy Nhơn en scooter ?

Oui, et c’est ce qu’on avait prévu de faire pour découvrir la côte autour de Quy Nhơn. On est partis en scooter jusqu’à un petit village de pêcheurs, mais la pluie s’est rapidement mise à tomber et le temps a continué à se dégrader. On a finalement fait demi-tour bien plus tôt que prévu.

Où dormir à Quy Nhơn ?

On a beaucoup aimé loger dans le secteur proche du front de mer, à une dizaine de minutes à pied du centre. On pouvait facilement rejoindre la mer, les restaurants et le reste de la ville à pied, tout en étant dans un coin assez tranquille. Plus largement, toute la partie qui longe la plage nous a semblé très pratique pour séjourner à Quy Nhơn.

Comment aller de Hoi An à Quy Nhơn ?

On est arrivés à Quy Nhơn en bus depuis Hoi An et le trajet s’est fait très facilement. De mémoire, c’était un bus couchette, comme on en a beaucoup utilisés au Vietnam. Pour nous, c’était une manière pratique de relier les deux étapes sans compliquer le voyage.

Qu’est-ce qui nous a le plus surpris à Quy Nhơn ?

Ce qui nous a le plus surpris à Quy Nhơn, c’est d’avoir parfois l’impression d’être nous-mêmes l’attraction touristique. Entre les regards au supermarché, les « Hello! » dans la rue et les gens qui venaient spontanément nous parler, on attirait clairement davantage l’attention que dans les villes vietnamiennes plus fréquentées par les voyageurs étrangers. On était venus pour les plages et on est repartis surtout avec des souvenirs de gens.

Retrouve notre expérience dans l’article.

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